La Rando d'Emeraude !
Ce C.R est dédié à Michel et Rose, car ils auraient dû être avec nous. La longue marche de Michel s’est malheureusement arrêtée le 22 mai, 8 jours avant le voyage. Tous les deux, vous nous avez beaucoup manqués.
Comme chaque année, Brigitte, et ses acolytes Patrick, Christine et Chantal, nous a proposé sa rando de Printemps. Comme chaque année, ce sont les mêmes qui se retrouvent, alors désormais cette rando sera appelée « La rando de Printemps des Copains ».
Quelle belle idée que le choix de cette destination dans ce merveilleux écrin qu’est la côte d’Emeraude. A deux pas de chez nous, nous avons l’un des plus beaux décors naturels de France.
- Brigitte, avec sa permanente recherche du meilleur, au juste prix, nous a offert des étapes sécurisantes. Sur le carnet de voyages, les petits commentaires positionnaient très bien où nous étions.
- Christine, avec une douceur méthodique a ajouté chaque jour des infos plus fines pour relater des faits locaux.
- Patrick, brut de coffrage, nous a menés chaque jour à bon port sur des chemins où le commun des mortels se serait perdu mille fois.
- Chantal, discrète dans son coin, surveillait les parcours et proposait d’autres chemins aux fatigués.
- Francis a mené à bien la dure logistique d’un groupe de "tamalous".
- Félicitations à cette belle équipe !
L’accueil, du 1er jour, se déroule sous une température d’enfer. Les retrouvailles sont collantes, les bisous se font de loin. Il fait chaud, trop chaud, l’atmosphère est lourde, la température ambiante est de 35° et dans les Camping Cars on frôle les 45°.
En voulant se garer mieux, J.Luc nous met dans « la m…. ». Le mot est grossier mais bien réel car, dans sa manœuvre, il éclate le regard de la fosse septique et plante sa roue AVD dans le regard. Avec l’aide des copains la situation sera vite maitrisée.
Malgré les tits bières, la température ne baisse pas. Le propriétaire de la ferme, et Président des éleveurs de Pré-Salé, nous fait un discours de présentation, mais tout le monde ne suivra pas, la chaleur nous assomme. Toutefois on retiendra qu’un mouton de pré-salé c’est 5 mois ½ et 70 jours dans les polders.
Telle une tradition, Brigitte nous a préparé un apéro/dinatoire, c’est grandiose mais…la fin le sera moins ! Un orage d’une rare violence s’abat sur nous.

Des grêlons de 4 cm de diamètre mettent notre beau décor en miettes.
Le bruit des grêlons sur les toitures et les Camping Cars nous font craindre le pire. Compte- tenu du choc de ces « cailloux », le bilan sera faible : un pare brise fendu, un lanterneau percé, un capot moteur très marqué et, découvert quelques jours plus-tard, un pavillon de voiture très, très marqué.
Les choses sérieuses, la beauté des paysages, les marches de 14 kms, ça commence aujourd’hui.
A chaque détour du chemin, à chaque éclairage du soleil, le décor devient plus beau que l’instant d’avant.
Depuis le belvédère du jardin de Roz sur Couesnon, on découvre le Mont St Michel plus majestueux que jamais.
A la maison des polders, on savoure son repas mais des petites bêtes rouges savourent également les corps de ceux qui se sont assoupis sous les arbres. Waouh, ça me démange !
Après la sieste, la projection du film sur la création des polders, fut sonorisé par quelques ronflements (une salle à 30°). Toutefois, on retiendra que la première digue fut celle de la duchesse Anne, puis vint la grandiose poldérisation réalisée avec l’aide des hollandais.
Ce soir, c’est la fête, Christine fête son anniversaire (c’est devenu une habitude !) et c’est la fête des copains qui s’organise autour de nos tables alignées. Pour le final de la soirée, on a vécu un épisode local des tontons flingueurs avec la dégustation d’une cuvée d’exception de Jacques. Gustativement, il y avait de la pomme, mais pas que !
Ce matin on ne sait pas bien si on doit se réjouir, ou être inquiet, la température est inférieure de 10° à celle d’hier, mais il y a des points positifs : l’air est plus respirable et on va mettre les pieds dans l’eau.
Déplacement vers Cheruex pour aller voir les pièges à poissons et les pieux des moules de bouchot. Annabelle, aux commandes de son petit train, sera une guide exceptionnelle.
Elle arrivera à nous faire aimer les méduses. On retiendra que la durée d’élevage d’une moule est de 1 an et 3 mois et que les meilleures se consomment les mois en R.
Nouveau matin, nouveau départ. J.Luc nous en place une : Qu’elle est la différence entre une gourde et un bidon ? Tout le monde réfléchit, les idées sont longues à venir alors J.Luc nous verse la réponse « La gourde on la laisse à la maison (La nuance est cruelle) et le bidon on le met sur le vélo ». Ensuite, marche de 10 kms sur le GR 34 en direction de la pointe du Grouin, pas le nez du cochon, mais le site emblématique de cette côte.
Là, on verra Gérard déshabiller Martine : I Am chocking !
Ce soir, à St Suliac, suite de l’orage du premier jour. Patrick qui a un lanterneau percé, va à la réception demander s’ils ont une échelle. La charmante hôtesse d’accueil dit « Non, mais je peux peut être vous aider ». Sitôt dit, sitôt fait. La charmante hôtesse suit Patrick et ……. ! Patrick se place le long de son Camping Car et rejoint ses mains pour faire une échelle. L’hôtesse y pose avec délicatesse un premier pied, puis pose le second sur l’épaule de Patrick. Le nez dans la jupe de l’hôtesse, Patrick ne contrôle plus rien. Arrivé sur le toit du Camping .Car, l’hôtesse demande « Pouvez vous me donner le collant ….. », pas de réponse, Patrick est ailleurs. Lorsqu’il sort de son rêve et qu’il met son regard en l’air, il découvre que l’hôtesse est sur le toit de son Camping Car et qu’elle effectue la réparation. La redescente sera une autre histoire ….
Nota : Le lendemain, l’hôtesse chantait dans les allées mais elle avait mis un pantalon ….. va savoir ! Elle réclama une photo du groupe …. Peut être un bon souvenir pour elle !
Ce matin, une blague de Brigitte « Je vous emmène vers le vignoble du mont Garrot ». La Bretagne est connue pour son cidre et son poiré, mais du vin, est-ce possible ? Pour Gérard et Martine, originaire de Bordeaux c’est une blague !

Mais non, on verra bien une petite parcelle de vigne qui domine un site gallo-romain dans le lit de la Rance
AU retour de la rando, repas collectif. C’est un « vide-frigo »(amélioré par la contribution de tous) car François et Nicole sont en panne de réfrigérateur !
Ben voyons, on partage tout, on liquide ! Dans l’après midi, visite du village et de sa superbe église
Il n’en fallait pas moins pour que François chante dans l’église. Toujours un régal.
Lundi 1er Juin. Journée spéciale et bien triste pour la rando : un groupe de 5 se rend à Caen pour saluer la mémoire de Michel. Pour le reste du groupe, tour de la pointe de Dinard.
Mardi, Il a plu toute la nuit, la poussière est collée au sol la t° est douce. Déplacement vers Saint Jacut de la mer pour faire le tour de la presqu’ile et apercevoir son abbaye qui sert souvent d’auditorium pour des groupes de chorales en résidence. La grandeur de la baie, en direction de St Cast est impressionnante.
Les parcs à moules sont immenses et pourtant la production ne couvre pas le besoin.
Mercredi. Au menu, St Cast, pluie, vent et froid, mais même sous la pluie le décor est superbe. Dans un jardin, un couple qui vient d’acheter un canapé est bien embarrassé pour le sortir de la camionnette. François lance « Vous voulez un coup de main », l’homme nous regarde et dit « Oui ». A l’ouverture du portail, François dit « On est des voleurs », « c’est parfait, vous êtes chez d’anciens gendarmes ».
En deux temps trois mouvements le canapé est dans le salon
Pour le cas où ? nous laisserons un RIB de l’asso pour nourrir nos bonnes œuvres ! Sur le circuit du retour, nous croiserons une petite église où François fera entendre sa voix mais surtout nous nous arrêterons au pied du monument dédié à la frégate Laplace qui coula, au large, le 16 sept 1950 après avoir heurté une mine.
Jeudi. Une grande journée. Une rando de 15 kms, un repas au resto, la visite du fort Lalatte et la présence d’un vent à décorner les bœufs. Dès le départ, Serge est obligé de mettre un lacet, gentiment prêté par Chantal, autour de sa casquette car celle-ci s’envole. Au travers de la forêt et des bruyères, Patrick nous amène au resto.
Sur la route on croisera l’atelier d’un marbrier qui a laissé, pêle-mêle sur le bord des chemins des œuvres très spéciales.
Au resto, les moules sont petites et pas d’ici, ce qui fera dire a Gérard « Sur les moules, j’ai eu l’impression de commettre un féminicide ».
Pour expier sa faute, en place publique, devant le fort Lalatte il plaça ce qu’il a de plus cher, Martine, dans le piège à tortures
Ce Fort Lalatte, c’est une merveille très bien mise en valeur.
Une photo de groupe immortalisera notre passage
Les plus courageux monteront sur le sommet du donjon.


En abandonnant le fort, le retour jusqu’au cap Fréhel sera musclé, un vent à 65 km/h nous déstabilisera en permanence sur un GR 34 très accidenté.
Le soir, fait rarissime, le vent et la pluie sont si fort, qu’un pigeon vient s’abriter sous ma parabole télé. Au travers du lanterneau, je croise le regard de cet oiseau qui a l’air fatigué.
Vendredi. Journée light. Heureusement car ce matin il y a des urgences intestinales à gérer. Peut être une vengeance des infanticides d’hier !
Pour Chantal et Brigitte, ce jour est un grand jour car c’est le jour du bain de pied.

« On les lave une fois par an »
En 2022, dans le Cotentin, 2023 ce fut lors de la marche dans le golfe du Morbihan, en 2024 ce fut à Royan et en 2025, au pays basque. Au cours de la balade de l’après midi, on croisera un dragon en feuillage sur une clôture, un travail d’entretien méticuleux. Ce soir, malgré le vent, soirée pizza. On déplace les camping-cars, pour se protéger, et tout se passe à merveille. Il manquera juste un DJ pour animer la soirée.
Samedi. Rando autour des sables d’Or. Cette station nouvelle a été construite autour d’un plan d’urbanisme généreux. Les rues sont larges et les villas très 20ème siècle. Sur le circuit de marche, pourtant pas dur, mes chaussures de marche rendent l’âme. Telle une grande assoiffée, la chaussure Droite ouvre ‘une gueule’ énorme, j’ai l’impression de revivre l’aventure de Nadine de 2023. Avec du collant on fera une réparation de fortune, mais pour elles le voyage est terminé. Sur la fin, suivant consigne de l’organisateur, la pluie n’arrivera que lorsque l’on aura rejoint nos C.Cars. Le déplacement vers Erquy, annonce déjà la fin prochaine du séjour.
Sur la plage d’Erquy, un monument inondable, la chapelle Notre Dame des Marins
Beaucoup iront mais le chemin ne sera pas des plus faciles. L’originalité des messages écrits sur des coquilles St Jacques mérite le déplacement.
C’est déjà notre dernier jour, départ pour la journée vers le cap d’Erquy. On ne nous l’avait pas dit mais entre descentes et montées, on a dû fouler plus de 500 marches !
Les muscles souffrent et lorsque l’aire de pique-nique arrive, c’est le soulagement. La redescente vers le port sera un peu acrobatique.
Elle nous fera découvrir la cahute des boulets rouges et de merveilleux étangs logés dans d’anciennes carrières où l’eau nous offre des reflets qui nous font croire que ces étangs n’ont pas de fond.
Le moment final arrive, le groupe remercie chaleureusement les organisateurs pour cette rando très réussie.
Merci à eux pour ces parcours qui nous ont fait découvrir, à 4 h de chez nous, un GR 34 accessible. Merci à tous les copains pour les excellents moments de convivialité et direction le resto pour clôturer dignement cette super quinzaine.
Pas d’envolée lyrique ni de blagounettes ce soir, les kms de marche et la chaleur ont eu raison de notre dynamisme mais dans les têtes et dans les cœurs resteront inscrits de très bons souvenirs !
Quel plaisir de marcher et de découvrir ensemble !
Serge POUPEL