Le Maroc du 5 janvier au 28 février 2026

Nous sommes partis à six camping-cars au Maroc un peu à l’aventure.
Un peu seulement car nous avions un fil de route détaillé. Le livret de voyage indiquait les activités, les destinations jour par jour. En revanche rien n’avait été retenu à l’avance. Alors chaque jour il y avait un stationnement à privilégier, le plan A, puis en cas de problème, un plan B et éventuellement un plan C.
C’était la même chose pour les visites. Cette grande souplesse d’organisation nous a permis de faire des rencontres extraordinaires et de négocier jusqu’à la dernière minute : transports, visites et repas. Tous avaient approuvé le principe et un budget estimatif permettait de savoir à quoi s’en tenir.
Pour le club, c’était aussi plus simple car verser des avances et obtenir des factures conformes au Maroc est parfois compliqué.
Après la traversée de l’Espagne nous avons embarqué à Algésiras.

De l’autre côté de la mer, il nous a fallu revoir certains de nos principes.
Premier principe à adopter « la circulation automobile ».
Bien sûr il y a de très belles routes et autoroutes mais pas toujours. Il y a un code de la route et des panneaux comme en Europe. Mais tout ça c’est la théorie. Ce n’est pas vraiment respecté. Sur les bords de toutes ces voiries circulent aussi de nombreux petits véhicules à moteur ou tractés par des animaux.

On y double ou croise également de nombreux piétons. Il faut donc être extrêmement vigilant.
Par exemple dans les villes traversées, les jours de marché, on a eu le sentiment d’être dans un véritable capharnaüm. Les véhicules se croisent dans tous les sens. C’est un vrai « SOUK » (marché). Il faut s’adapter, car tout est codifié et organisé, il suffit de bien interpréter les petits coups de klaxons et tout va bien. Il n’y a ni problème, ni agressivité, juste un joyeux bazar.
Par contre là où il faut redoubler de vigilance, c’est lorsque des limitations de vitesse apparaissent. Mieux vaut être bien en-dessous que très légèrement au-dessus car les amendes tombent très vite. Deux de nos amis en ont fait les frais, en doublant une mobylette.
Après quelques jours d’adaptation à ces règles locales, tout s’est bien passé.
Second principe « le marchandage » ; l’économie marocaine repose en partie sur le tourisme. Cela permet à de nombreuses familles marocaines de vivre mieux. L’écart avec notre pouvoir d’achat est très important. Mais sur les zones les plus touristiques il ne faut pas hésiter à marchander. On peut parfois être pris pour des Américains voir des pigeons.
Dans les campagnes, sur les marchés alimentaires, ce n’est pas tout à fait la même chose. On peut être plus conciliant. L’idéal est de repérer les prix à l’avance pour rester dans des marges raisonnables afin que les négociations soient équitables pour tout le monde.
Troisième principe « prendre le temps de vivre », les marocains disent « les européens ont la montre, nous on a le temps ». Belle philosophie à laquelle nous avons vite adhéré.
Quatrième principe « l’eau » : La météo n’a pas toujours été au top. Tout le Maroc a été copieusement arrosé cet hiver, après sept ans de sècheresse c’était attendu. Cela a fait dire à Maurice, « La prochaine fois que je viens au Maroc, je prends des bottes » et quand Philippe se plaignait de la pluie, les marocains répondaient « mais l’eau c’est la vie ! ». Et oui, quand on est Normand ou Alsacien, on manque rarement d’eau et on oublie à quel point, c’est vital dans d’autre régions du monde. Alors on a revu la question pour devenir aussi zen que les locaux. Car nous avons toujours eu un peu de soleil entre deux averses, puis de plus en plus de soleil au fil des semaines.
Cinquième principe, « les problèmes ». Il faut dire qu’au Maroc, il n’y en a jamais, quoi que l’on demande, « pas de problème ». Certaines mauvaises langues pourraient dire, qu’ils en ont tellement qu’ils préfèrent dire qu’il n’y en a pas.
Je pense qu’ils ont surtout une très grande capacité d’adaptation, qui leur permet de régler n’importe quelle situation sans souci. Deux de nos amis n’avait pas mis la carte du Maroc sur leur GPS car ils ne savaient pas le faire, il a suffi de demander de l’aide au gardien d’un camping et dans la soirée c’était réglé. Autre exemple, un caillou avait endommagé le pare-brise de notre camping-car sur la route. Alors sur un autre camping, après avoir exposé le problème, de la résine a été injectée par un mécano itinérant. Cela a permis de continuer la route sans souci. Ce ne sont que deux exemples mais il y en a eu bien d’autres.
Sixième principe « les guides ». En effet dès que l’on s’arrête sur un parking, on voit apparaître un guide qui propose ses services. Ces guides ne sont pas toujours de vrais guides. C’est un moyen de gagner quelques Dirhams. Avant toute chose il faut donc être prudent et si l’on est intéressé, bien négocier la visite, le prix et le circuit. Car on peut facilement se retrouver dans une boutique d’où l’on ne ressort qu’après avoir acheté quelque chose. Cela ne nous est pas arrivé. Il faut dire que certains d’entre nous étaient allergiques à ces guides.
Lorsque nous avons eu recours aux services de guides, ils nous avaient souvent été proposés par les campings. Et ils nous ont fait visiter leur pays avec passion, humour et gentillesse. Par exemple dans les gorges du Dadès, nous avons eu un guide extraordinaire.
Il connaissait parfaitement sa vallée. Il nous a parlé de la géologie, de l’agriculture, de la vie quotidienne, des coutumes. Il nous a aussi proposé une petite randonnée entre deux arrêts de mini bus pour être au plus près du sujet. Il s’est ensuite transformé en serveur au petit restaurant ou nous avons déjeuné, pour aider le personnel un peu débordé par l’affluence.
Une autre journée marquante avec guides fut la découverte du désert en 4x4 près de Merzouga.

Nos guides nous ont conduit dans les dunes « façon pilote du Dakar » pour nous faire ressentir quelques émotions fortes. Ils connaissaient parfaitement la faune et la flore du désert. Après avoir admiré un lac éphémère plein d’oiseaux, nous avons rendu visite aux Berbères. Leur accueil et leur manière de vivre sous les tentes, nous a surpris et impressionné. Nous avons aussi visité le village des musiciens qui nous ont fait un petit concert, un super musée de l’Automobile et une mine abandonnée. Nous avons encore fait une halte pour trouver des fossiles. Un beau souvenir.
Certains ont prolongé l’expérience le jour suivant en essayant le quad et même une très amusante descente de dune en planche de surf.
Forts de ces différents principes nous avons parcouru 7700 km aller-retour à partir d’Anglet.
Les moments de convivialité ont été nombreux. Les paysages souvent très beaux au point que nous avions inventé une expression pour qualifier nos trajets « Paysagement beaux » et les rencontres enrichissantes. Les Marocains sont très accueillants.
Nous avons visité villes, monuments, souks, médinas et sites naturels à :
Cap Sparfel, Asilah, Larache, Moulay-Bousselham, Kénitra, Rabat, Mohammedia, Casablanca,

El Jadida, Oualidia, Cap Beddousa, Safi, Marrakech,


Ounagha, Essaouira, Sidi Kaouki, Aourir, Agadir, Tifnit, Tiznit, Aglou, Tafraoute, Taroudant, Taliouine, Zagora, Ouarzazate,

Ait Ben Haddou, Skoura, la vallée des Roses, la vallée du Dades, Toudga el Oulia, Merzouga, la vallée du Ziz, Meski et sa source bleue, Azrou, Fès, Meknès, Volubilis, Chefchaouen, Tétouan.
Nous avons dégusté un grand nombre de spécialités marocaines, les prix étaient raisonnables et c’était bien de faire vivre l’économie locale en entretenant la convivialité : Nous avons apprécié les couscous, de nombreuses variétés de tajine, les poissons grillés, les pastillas et hariras réconfortantes. L’une d’entre elle nous a été gentiment offerte au camping de Ouarzazate. Elle était délicieuse.
Les beaux souvenirs ont été nombreux, difficile de tous les citer. Je crois, ne pas trahir mes amis en disant que celui qui a été le plus convivial et qui a le plus marqué les esprits, a eu lieu près de Zagora.
À notre arrivée il n’y avait plus de place dans les campings officiels de la ville. Mais sur Park4Night il était indiqué qu’un agriculteur accueillait les camping-caristes. PAS DE PROBLEME, un appel téléphonique et nous étions attendus.
Le chemin prenait au milieu de nulle part dans un désert. Nouvel appel pour nous rassurer ; oui c’était le bon chemin. Il fallait suivre la piste jusqu’à une petite maison en pisé et se garer à côté.
Nous nous sommes stationnés comme indiqué et le propriétaire est venu nous accueillir. Il nous a proposé un repas pour le soir. Malheureusement quand tous les binômes sont arrivés, un vent de sable c’est levé ; difficile de rester dehors. Notre hôte nous a alors conseillé de nous abriter dans la petite maison actuellement inhabitée, cette habitation servant de gite à des saisonniers travaillant parfois sur la ferme.
Confortablement mis à l’abri, nous avons partagé, jeux de société, chansons, histoires drôles, dans la joie et bonne humeur jusqu’à l’arrivée du repas du soir. Perdus au milieu du désert, dans une maison traditionnelle, nous avons passé une excellente après-midi.
Puis au coucher du soleil quand le vent s’est calmé, nous avons admiré un magnifique coucher de soleil avec nos véhicules en premier plan, un moment magique inoubliable !
